dimanche 31 juillet 2016

Biographie de ma garde robe ou mon évolution vestimentaire.

Avant mes 15 ans je n'avais aucun style vestimentaire. Je ne dis pas que je m'habillais comme un sac (encore que, mais ceci est une autre histoire), plutôt que je ne prêtais pas de réelle attention à ce que je portais.
J'ai compris dès le début du collège que les vêtements que j'aurais voulu porter m'étaient inaccessibles. La mode à l'époque me plaisait, mais c'est ma mère qui gérait le contenu de nos armoires. Et elle n'a accepté que très rarement de me céder des pièces réellement « in », parce que c'était de la marque, ou en tout cas assez tendance pour être plus cher qu'une pièce plus simple. De ce fait, j'avais des vêtements « par défaut », et assez vite j'ai abandonné l'idée de pouvoir ressembler aux icônes que j'admirais. Je m'arrangeais donc juste pour que ce que je me mettais sur le dos aille ensemble et c'était tout.

Vers 14-15 ans j'ai découvert la magie d'Internet.
J'ai ouvert la boîte de Pandore -version cool- et mon monde s'est étendu jusqu'au Japon. J'aimais déjà les mangas et les animes, alors un garçon m'a fait écouter BoA, puis Gackt, puis miyavi, on m'avait perdue. Très vite je me suis plongée dans le Visual Kei et le J-rock, peut-être par opposition avec tout ce que j'appréciais jusqu'à ce moment là. Je découvrais des univers hauts en couleurs (ou pas) et toute une communauté me tendait les bras avec enthousiasme. J'ai laissé de côté cette culture dans laquelle j'avais baigné depuis toujours et où pourtant je ne me suis jamais réellement sentie acceptée.
Pourquoi je parle de ça ? Parce que c'est à ce moment là que ma garde robe a commencé à évoluer. Petit à petit elle a été influencée par la culture japonaise dont je me nourrissais pour modeler ma personnalité. En pleine période où je me cherchais, j'ai trouvé de nouveaux modèles qui m'ont permis de sortir de mon état spectral tout en adressant un énorme doigt d'honneur au monde de la « normalité » qui me rejetais sans cesse malgré mes efforts pour m'intégrer. Et en plus je commençais à me trouver intéressante à regarder, voir assez jolie parfois, c'était tout bénef'.

Mes parents me donnaient un peu de sous quand je sortais, sous que je dépensais dans des boutiques à Bastille ou en conventions (vous connaissez les bails). Puis j'ai eu un compte en banque et j'ai commencé à commander sur Internet, les choses sérieuses étaient en marche. J'étais en quête d'appartenance, et pourtant je ne me suis jamais glissée dans une case. Quand on me demandait quel était mon style je ne savais pas quoi dire, et quand on m'appelait « la gothique » au lycée, je ne corrigeais que rarement.
Un peu « soft grunge otaku » (???) au début, mes placards se sont remplis de vêtements plus spécifiques aux modes alternatives japonaises, dites mode Harajuku. Ça allait de l'inspiration Visual Kei, à la tendance Fairy Kei, en passant par l'Oshare Kei, et sans oublier quelques accessoires Lolita qui sortaient d'on ne sait où. J'avais même quelques pièces un peu Gyaru. Je ne me suis jamais fixée sur un style, et je les mélangeais volontiers. Je m'habillais en fonction de mon humeur et de mes envies. En général, les gens ont une cohérence vestimentaire que moi je n'avais pas.
Je ne dis pas que je suis unique et exceptionnelle. Juste, je fais parti des gens qui piochent un peu partout, et papillonnent sans se poser réellement quelque part. Parce que ma personnalité est trop complexe et ambivalente pour ça (t'as vu).

À quoi mène donc cet article (qui j'ai l'impression va être beaucoup trop long) ?
Eh bien à maintenant. Maintenant j'ai perdu une grande partie de ma personnalité vestimentaire. Après l'âge d'or du lycée (lol non), au fil des années j'ai de moins en moins soigné mes tenues. Ça s'est fait très insidieusement, je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite, et le temps que je le réalise, je m'étais coincée dans un système de praticité et de osef-ité qui effaçait petit à petit la folie qui caractérisait mon apparence. Il y a bien eu des sursauts parfois, mais depuis trois ans et demi je dirais, c'est le calme plat dans mes vêtements.
Il y a plusieurs raisons à ça, les goûts qui évoluent, le porte monnaie qui ne suit pas (la vie étudiante, toussa), une grande prise de poids en peu de temps, et je pense que j'ai fait une dépression aussi.
À présent, je m'habille de façon plus ou moins classique, et je passe inaperçue dans la rue. Alors qu'il y a dix ans cet état de fait me rendait terriblement mal à l'aise, là, ça va. Il faut dire que maintenant j'arrive à trouver des vêtements de moldus qui me plaisent, et je ne suis plus dans le rejet systématique du monde moldu qui m'entoure, ça aide. (Je n'aime pas le mot « normal » et j'en ai marre du mot « classique ».) 

Si ça me va de m'habiller en moldue, alors pourquoi je vous bassine depuis trois quarts d'heure avec mes histoires de fringues hein ? Et bien parce que je m'ennuies dans mes placards voilà pourquoi nom d'une pipe en bois !
Oui, je suis plutôt à l'aise quand je sors dans la rue, mais plus le temps passe, et moins j'arrive à cerner ma personnalité quand je me regarde dans un miroir. Je suis toujours complexe et ambivalente, je suis toujours très attirée par les univers alternatifs, et je ne vois rien de tout ça sur moi. Ça peut paraître futile et matérialiste, et peut-être que ça l'est, mais ça me manque. Les vêtements sont pour moi un mode d'expression de ma personnalité, et j'ai le sentiment de ne plus rien dire d'intéressant depuis trop longtemps.

Image prise sur leur Instagram
 
Si j'ai écrit cet article aujourd'hui ce n'est pas par hasard. Je suis depuis ses débuts une communauté sur la mode Harajuku. Ça s'appelle Street Japan Style, c'est tenu par des passionnées qui organisent régulièrement des évènements, comme la Harajuku Fashion Walk, des meetings ou vides dressings. Le but étant de se retrouver entre passionnés/intéressés par la mode Harajuku, dans une ambiance décontractée, et dans des endroits cools. Jeudi était organisé un meeting en petit comité à Disney.
Jusque là je n'avais participé à aucun événement parce que tout se passe en Ile de France (et j'habite à Lyon), parce que les dates coïncidaient rarement avec mes vacances, et parce que je suis timide. Et aussi parce que je n'étais pas sûre d'être vraiment légitime et bien à ma place dans un mouvement autour d'une passion que je ne vis plus depuis longtemps.

Quand j'ai vu l'annonce du meeting à Disney prévu en plein milieu de mes vacances et dans un de mes endroits préférés, je me suis rassurée comme j'ai pu et je me suis inscrite. Participer à cet événement c'était comme remettre un pas dans ce monde que j'ai quitté et qui me manque. La journée était géniale, j'ai rencontré des nanas accueillantes et drôles, je me suis tout de suite sentie à l'aise (il va falloir que je bosse ma capacité à tenir décemment une conversation avec autrui, par contre).
Je ne saurais pas l'expliquer, on n'a quasiment pas parlé de mode, ce n'était pas le but, mais j'ai tout de même le sentiment que c'est un peu le tremplin qui me propulse vers un renouveau vestimentaire. Maintenant il ne tient qu'à moi de ne pas perdre cet élan.

Comme se morfondre est inutile, je vais essayer d'agir, et de renouer avec le plaisir de jouer avec les pièces et de créer des tenues qui me ressemblent. C'est toute une garde robe qu'il y a à étoffer, mais surtout toute une façon de réfléchir mes tenues qui est à réanimer.
J'ai pas mal évolué, pour ne pas dire « mûri » parce que ça voudrait dire que ce que je portais avant était forcément l'expression de l'immaturité. Ce qui me plaît maintenant, ce qui correspond à ma personnalité visuelle, c'est le Mori Kei, le Strega, le Steampunk (oui je sais rien à voir, mais vous avez lu l'article : ambivalence, toussa). Ce sont ces styles là que j'aimerai explorer, expérimenter.
Y a plus qu'à.

Allez voir du côté de Street Japan Style, c'est cool !

jeudi 28 juillet 2016

Sursaut de productivité.

Salut les visiteurs de la toile ! (Je recycle mes phrases d'accroche, j'ai le droit.) 

J'ai encore abandonné mon blog pendant 10 mois. 
Il y a un an j'écrivais un article de "Grand retour !", suite à une disparition similaire, j'avais lâché cet endroit pour éviter les distractions et réussir ma formation. Sauf que cette fois ce n'est pas l'esprit de la responsabilité qui s'est emparé de moi, mais celui de la flemme. Quelques jours après mon dernier article, j'ai trouvé du travail, et avec mon nouveau rythme de vie je n'ai pas réussi à continuer mes occupations. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais ma manie de tout remettre à plus tard a eu raison de la série d'articles sur laquelle j'avais commencé à travailler. (Ils sortiront ne vous inquiétez pas, un jour.) Je n'ai pas d'excuse, pas même celle du manque d'envie, et je vous autorise à me mettre des coups de pied aux fesses. 

En ce moment je suis en vacances. Je passe une semaine au calme chez mon père, j'en profite donc pour tenter de ranimer la flamme de l'écriture. Je ne promets rien, j'espère juste qu'à la rentrée je ne me laisserai pas à nouveau emporter par le tourbillon de la vie active, et que je continuerai à partager des choses ici. 
Cet été j'ai deux, trois choses de prévues, je vous en parlerai sans doute plus tard, en attendant je vous donne des nouvelles de mon humble personne. 

Des petits cadeaux de fin d'année de la part de trois familles x)

En septembre j'ai trouvé un emploi à temps plein avec une facilité déconcertante, dans une crèche qui n'est pas trop loin de chez moi. Entrée en CDD, mon contrat a finalement changé pour un CDI. Mes collègues sont toutes sympas, l'équipe est soudée, la direction jusque là est assez cool, les horaires me conviennent, et les enfants et leur famille sont agréables dans l'ensemble. Tout n'est pas parfait bien sûr, mais ça se passe très bien et je me sens à l'aise là-bas. 
 
En janvier, j'ai pris de grandes résolutions (oui "grandes"). Peut-être que j'en parlerai plus en profondeur à la fin de l'année, mais parmi mes engagements avec moi-même, il y avait : Reprendre le running. 
Je m'en sors plutôt bien (bon ces semaines c'est un peu n'imp' j'avoue), je crois que c'est même la seule résolution que j'arrive à tenir en fait. Pour rester la plus régulière possible, je me fixe des objectifs, des évènements pour lesquels je dois me préparer et qui me motivent. Je vois chaque évènement comme la ligne d'arrivée d'une longue course contre moi-même qui a duré plusieurs mois. 
En mai j'ai donc participé à l'édition 2016 de Courir Pour Elles. J'en ai parlé l'année dernière, j'avais participé à la course de 5km (non sans appréhension). Cette année j'ai visé la 10km. 
Mon prochain objectif, c'est un semi-marathon en septembre. Oui, je suis une fille comme ça.


J'ai quelques projets et envies pour l'année prochaine, mais je préfère ne pas en parler tant que je ne suis pas décidée. Mon problème c'est que je suis extrêmement hésitante et le moindre choix pour ma vie se transforme en dilemme existentiel. Je me fatigue. En plus je suis pleine de contradictions. Je veux faire tout et son contraire. 

J'avais arrêté la fac parce que l'instabilité devenait oppressante. J'ai travaillé dur pendant deux ans pour réussir me créer un quotidien stable et sécurisant, rassurant. Maintenant que je l'ai obtenu avec la crèche, je pourrais m'installer comme prévu pour me construire un petit nid douillet. Mais tout ça, c'est sans compter l'Aventure qui m'appelle depuis plusieurs mois et me pousse au voyage et à la folie. 
Je suis en plein cheminement vers l'acceptation de soi. Je désire vraiment m'aimer comme je suis, mais en même temps, je cherche à modifier mon corps. Dans le même ton, j'admire les belles chevelures bouclées/frisées/crépues naturelles. Parfois j'ai envie de rejoindre ce mouvement. Et l'instant d'après, je passe ma main dans mes cheveux lissés et pratiques à coiffer, je me regarde dans le miroir et je me trouve jolie comme ça. Suis-je légitime ? 

J'ai toujours été plus ou moins comme ça, entre deux eaux. Le blanc et le noir cohabitent souvent avec moi, pour former une sorte de gris hybride, parce que je ne choisis ni ne mélange pas vraiment. Mais ces temps-ci c'est plus compliqué à gérer, et source de beaucoup de questions du style : Qu'est-ce que je veux vraiment ? Qu'est-ce qui me convient ? Qu'est-ce qui me fait hésiter ? Qui suis-je ? Dans quel état j'erre ? (Chut. XD)
Pas d'inquiétude -mais si vous vous inquiétez- je vais plutôt bien, je suis juste en période de doutes. Les réponses viendront sûrement en temps voulu. 

Maintenant qu'on a bien philosophé sur le sens de ma vie, je vous abandonne en espérant avoir le temps et l'inspiration pour revenir vous conter mes aventures estivales !